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Les hommes et les carrières, XIXe-XXe siècle.
Les interprètes après 1964 : portraits.
Fonction diplomatique et connaissance des langues.
Le cas des relations franco-chinoises, XIXe-XXIe siècle.

2019-10-25

Description : S’il est un domaine où l’interprète a eu à jouer un rôle majeur, c’est bien celui des relations diplomatiques franco-chinoises. Au milieu du XIXe siècle, au moment où la France ouvre en Chine une première légation et divers postes consulaires, elle doit faire appel à des médiateurs ayant une connaissance pratique de la langue. A Paris, l’enseignement du chinois dispensé au Collège de France comme à l’École spéciale des langues orientales vivantes (une chaire de chinois y est officiellement créée en 1843 par Antoine Bazin) reste cantonné à un orientalisme savant éloigné de la pratique de la langue. Les besoins accrus d’interprètes et traducteurs compétents comme auxiliaires indispensables des ministres et consuls de France en Chine conduisent, à Paris, à une transformation radicale de l’offre de formation pour la langue chinoise sur fond de lutte de légitimités entre professeurs, tenants de l’enseignement classique contre adeptes des nouvelles méthodes. La maitrise de la langue parlée dans la réalité quotidienne par les interprètes, parfois nommés à leur retour professeurs au Collège de France ou à l’École des langues orientales, a eu des répercussions dans l’enseignement de la langue, cantonné jusque-là au chinois classique.
Perspective métiers :
Les interprètes sont amenés à prendre une importance excédant de loin leur fonction initiale de praticiens de la langue chinoise. Ils deviennent les adjoints indispensables des consuls et diplomates avant d’en assumer eux-mêmes les fonctions. Inversement, au fur et à mesure que le Quai d’Orsay prend conscience de l’importance de la maîtrise des langues orientales dans la formation des diplomates, les interprètes perdent de leur importance, ce qui se traduit par un retour à une certaine étanchéité entre les corps.
En 1945, au moment de la création de l’ENA, l’importance de la maîtrise des langues orientales est réaffirmée et la spécificité du Quai d’Orsay à cet égard reconnue. Ceci se traduit par le maintien, dans les procédures de recrutement, d’un concours particulier à cette administration dit « concours Orient ». Tout au long de cette histoire, une relation forte s’est donc nouée entre l’administration des Affaires étrangères et l’Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco), que ces journées d’études se proposent d’évoquer sur la longue durée, depuis l’ouverture des relations officielles entre la Chine et la France en 1844 jusqu’à nos jours.
L’usage des langues dans la négociation :
La connaissance de la langue de l’interlocuteur est nécessaire comme clés d’accès à la compréhension des schémas mentaux et culturels qui sous-tendent les choix et décisions qui feront aboutir une négociation. Mais cette connaissance, appliquée au chinois, exige un haut niveau de formation approfondie et de spécialisation. Cela conduit au recours de plus en plus généralisé à l’anglais dans les négociations, sans appel aux interprètes, dans un anglais allégé, « globish », qui reste très insuffisant lorsqu’il s’agit de négocier puis signer des accords. La montée en puissance des échanges, notamment commerciaux, avec la Chine n’entraîne paradoxalement pas une augmentation de personnels sinisants. Un état des lieux sera proposé à cet égard, en donnant la parole à des ambassadeurs et à des traducteurs confrontés à ces difficultés.
A l’occasion de la publication par l’Université de Nankai (Tianjin, Chine) d’un premier volume de la traduction chinoise de documents diplomatiques français sur les origines de la relation France-Chine au XIXe siècle.


https://hal.campus-aar.fr/hal-02869233
Contributeur : Inalco Médiathèque <>
Soumis le : lundi 15 juin 2020 - 19:54:43
Dernière modification le : dimanche 21 juin 2020 - 03:26:10